Google fournisseur d'électricité ? Non, pas dans l'immédiat… – Les Numériques – Admin6

Google fournisseur d'électricité ? Non, pas dans l'immédiat… – Les Numériques

Le web parle beaucoup de la nouvelle politique Google, qui se lance sur le matériel avec le Nexus One et… sur le marché de l’électricité avec Google Energy, une filiale créée en décembre et qui a demandé aux autorités américaines le statut de producteur et négociant en énergie. Cependant, selon toute probabilité, Google Energy n’aura qu’un client : Google.

En se lançant sur le marché de l’énergie, Google n’a en fait qu’un objectif : assurer son autonomie énergétique. Le budget électricité est en effet un des principaux postes de dépenses de Google, qui fait tourner en permanence près de deux millions d’ordinateurs ; ceux-ci, et les centres de données qui les abritent, ont beau être conçus pour limiter la consommation, cela fait quelques centaines de mégawatts qu’il faut acheter aux compagnies énergétiques.

Avec une filiale autorisée à produire et à négocier l’électricité sur les marchés de gros, Google a deux objectifs. Sortir de la relation client – fournisseur, dans laquelle il n’est pas forcément avantagé, pour passer à une relation de partenaires où il pourra profiter de tarifs plus intéressants, d’une part ; d’autre part et surtout, pouvoir investir massivement dans la production électrique en sachant que toute sur-production pourra être revendue.

Actuellement, l’entreprise produit 1,6 MW grâce aux panneaux solaires de son siège californien, autant d’énergie qu’elle n’a pas à acheter ; demain, elle espère pouvoir augmenter sa production, diminuer ses achats et pourquoi pas assurer un complément énergétique aux autres entreprises si elle parvient à produire plus qu’elle ne consomme — sa production devant être centrée sur le solaire, elle va beaucoup varier au cours de la journée, alors que la consommation des serveurs est plus régulière, les Européens et les Asiatiques se chargeant de les utiliser lorsque les Américains dorment.

Comme toute entreprise moderne, surtout avec un slogan conseillant de ne pas être méchant, Google habille ces considérations pratiques d’un solide argumentaire écologique : sa production étant basée sur les énergies renouvelables (solaire actuellement, peut-être éolien ou hydro-électrique à l’avenir), l’entreprise compte parvenir à un objectif « zéro émission » en s’affranchissant de la dépendance extérieure (rappelons qu’en-dehors de la France, l’électricité reste massivement produite par des centrales au charbon, au gaz ou au pétrole).

Le fait de ne pouvoir acheter de l’électricité garantie « verte » serait donc pour Google une des raisons poussant à choisir la voie de l’autonomie énergétique. Il n’est en revanche pas prévu de devenir un fournisseur d’électricité au sens classique du terme, même si rien n’est totalement exclu.

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